Interview avec Will (basse, backing vocals et chœurs) de SANGDRAGON !
Salut SANGDRAGON !
Comment tu vas ?
Hello Indie et le Ar’Vran Mag ! Écoute, ça va très bien, nous sommes actuellement en pleine
préparation / enregistrement du prochain album et nous planchons également sur les
scénarios et tournages des clips. Comme d’habitude, nous prenons notre temps car entre les
premières démos et le résultat final, ça évolue toujours beaucoup.
Peux-tu me parler de la du groupe ? Année de formation,
comment vous êtes-vous rencontrés.
C’est en réalité au départ une trilogie que Vincent (compositeur, chant, bouzouki) a créée en
1992. En 1994, est sorti le premier album sous le nom de « DAEMONIUM », puis le deuxième en
1995 sous le patronyme AKHENATON (pas le rappeur, hein 😉. Vincent était le seul membre
de ce groupe, enregistrant chaque instrument les uns après les autres. La trilogie s’est
achevée en 2015 avec SANGDRAGON, avec la sortie de l’album « Requiem For Apocalypse ».
Cependant, une suite a été donnée au projet sous ce dernier nom avec la sortie en 2023 du
double album « Hierophant ». En fait, depuis 2012, c’est devenu un vrai groupe à part entière
voué au live. Au départ, en Mai 2011, Vincent m’a parlé de son idée de relancer le projet
pour clore la trilogie et très vite, j’ai adhéré au projet. Il a alors très vite recruté des potes de
Mâcon dont Edouard Verneret notre claviériste pour travailler sur les arrangements. Le reste
appartient désormais à l’histoire car de ce line-up original, ne subsistent que Vincent,
Edouard et moi.
Qui est à l’initiative du projet ? Quelle était l’idée première de la formation du groupe,
exemple, faire des reprises…
Pas de reprises, non, que de la compo originale. Vincent résume souvent son projet par trois
mots : passion, exutoire et ésotérique. Il a toujours composé et fait ce qu’il a voulu selon
l’inspiration du moment sans trop se soucier du style. Ce qui a toujours été important, c’est
de choisir le bon style et le bon instrument en fonction des sentiments qu’il voulait exprimer,
et plonger l’auditeur dans l’ambiance adéquate, telle une musique de film. Il a toujours fait
de la musique avec sincérité, avec des rencontres d’instrumentistes plus ou moins réussies,
le tout étant d’en tirer le bon enseignement. Toucher à plusieurs styles n’est pas aisé
techniquement car il faut trouver des musiciens ouverts d’esprit, mais réussir à toucher le
public au niveau de la réceptivité peut s’avérer encore plus compliqué. Il en va de même
pour certains organisateurs de concerts, pour qui nous sommes trop ou pas assez death
metal, trop ou pas assez black, trop médiéval ou pas assez folk. Ca a toujours été notre
problème car tous ces styles se retrouvent dans SANGDRAGON. Le principal pour Vincent a
toujours été de faire ce qui lui plaisait !
Ok, du coup, comment définiriez-vous votre « style » musical ?
Le plus simple, histoire que les gens puissent nous identifier un peu plus facilement, est de
dire que nous sommes un groupe de symphonic death metal sauf que c’est très réducteur.
La base de notre musique est le death metal mais depuis les tous débuts du projet, il y a
toujours eu énormément de touches black metal et d’arrangements orchestraux qui lorgnent vers la musique de film avec des passages folk/med bien épiques. Depuis 2012 et la
relance sous le nom SANGDRAGON, les chœurs ont un rôle central, puisque nous mettons un
point d’honneur à chanter sur scène tout ce que tu entends sur nos albums. C’est pour cela
que nous sommes 7 sur scène. Poser une étiquette précise sur SANGDRAGON est donc en
réalité impossible. Si je te dis au final que nous sommes un groupe d’orchestral death black
folk medieval metal, c’st bon comme dénomination ? Ah ah…
Ah ah oui parfait 😉 ! Pourquoi ce nom « Sangdragon » ?
Le SANGDRAGON est issue d’une vieille légende celtique. Un chevalier, après avoir vaincu un
dragon, planta son épée dans le sol avant de mourir à son tour. La sang sur la lame apporta
fertilité à la terre d’un côté, mais donna aussi naissance a une centaine d’autres dragons qui
engendrèrent feu et chaos dans le pays. Cette histoire évoque donc l’analogie des contraires,
ce difficile équilibre entre le bien et le mal. D’autres l’ont symbolisé par le yin et le yang. Il
n’y a pas de bonne ou de mauvaise magie, c’est la façon dont on s’en sert qui est
importante.
Combien de démos et albums comptez-vous ?
Ouh la ! Les démos, on ne les compte même plus, tellement nous avons des versions
différentes des titres, selon l’évolution de l’écriture et des arrangements. Mais aucune n’est
jamais sortie, elles restent bien au chaud ici (sauf une sur notre page Bandcamp, la version
démo de « Front Of Steel », en bonus de la version digitale de l’album « Requiem For
Apocalypse ». Peut-être qu’un jour, on les mettra à disposition sur les plates-formes mais ce
n’est pas encore à l’ordre du jour. Pour le reste, en 1994, est sorti « Dark Opera Of The
Ancient War Spirit », le premier album sous le nom de « DAEMONIUM », puis le deuxième, « Divine
Symphonies », en tant qu’AKHENATON (pas le rappeur, hein !). Vincent était le seul membre
de ce groupe, enregistrant chaque instrument les uns après les autres. La trilogie s’est
achevée en 2015 avec SANGDRAGON, avec la sortie de l’album « Requiem For Apocalypse« ,
cette fois avec un line-up étoffé. Une suite a été donnée au projet sous ce dernier nom avec
la sortie en 2023 du double album « Hierophant ». Nous sommes donc en train de préparer le
cinquième véritable album du projet, qui, cette fois, devrait certainement être le plus death
metal et le plus direct de la discographie, vu la tournure que ça prend. 😉
Quel est votre processus d’écriture de vos albums ? Ensemble, séparément puis vous vous
rejoignez…
C’est Vincent qui compose tout au départ, soit à la gratte, à la basse ou encore au bouzouki,
selon son humeur, son inspiration et la couleur musicale qu’il veut donner aux passages.
Ensuite, il met tout à plat avec Edouard qui ajoute son grain de sel et son expertise pour les
orchestrations et les arrangements. Edouard est aussi notre producteur car il a tout le matos
nécessaire chez lui pour ça. C’est un vrai luxe pour nous. Les choses avancent alors
doucement, s’améliorent petit à petit jusqu’à ce qu’il soit temps pour eux de nous présenter
les premières démos. Chacun travaille alors ses parties librement chez lui jusqu’à
l’enregistrement final. Avant ça, nous profitons des répètes voire même des concerts pour
tester les titres, voir ce qui colle, si ça mérite d’être encore amélioré ou pas. La composition
n’est donc pas un processus démocratique dans SANGDRAGON mais c’est complètement
assumé et accepté car chacun est libre ensuite de jouer ses parties comme il l’entend,
d’apporter ses idées, tant qu'est conservé l'esprit de départ du morceau. Par exemple,
Vincent n’a jamais été derrière moi en studio pour l’enregistrement de mes parties de basse
mais forcément, à la fin, c’est lui qui valide.
Niveau concerts / festivals : en avez-vous fait beaucoup ? Quels sont-ils par exemple…
Oui, depuis 2014, SANGDRAGON est devenu un vrai groupe live donc la liste des concerts
que nous avons donnés commence à être longue même si à titre personnel, j’aurais aimé en
faire encore plus. Mais nous avons tous des emplois et des vies personnelles qui nous
empêchent de partir véritablement en tournée. Depuis toujours, nous privilégions donc les
festivals car cela nous permet de jouer dans de très bonnes conditions scéniques devant un
large public. C’est le meilleur moyen de faire découvrir le groupe à des gens qui ne savaient
pas trop à quoi s’attendre du fait de la diversité de notre musique et crois-moi, ce n’est pas
prétentieux de dire ça, à chaque fois, les retours sont excellents car aucune scène, aucun
public ne nous font peur et nous mettons des tartes à tout le monde ! Nous avons donc eu la
chance de jouer avec des groupes comme Obituary, Belphegor, Melechesh, Opeth, Kreator,
Suffocation, Arkona, Equilibrium, pour ne citer qu’eux, et pour les festivals, nous avons fait
quelques festivals en Belgique, Suisse et Allemagne, le Motocultor, le Hell’Oween Fest, le
Lions Metal Fest, le Fensch Viking Fest, le Furios Fest et plein d’autres aux quatre coins de la
France… Encore une fois, je remercie tous les organisateurs qui nous ont fait confiance
depuis 2014.
Avez-vous un jeu de scène en particulier ou faites-vous au feeling ?
Nous sommes costumés dans un esprit médiéval fantastique mais pour le reste, c’est assez
classique et c’est au feeling. Nous avons tous une très longue expérience de la scène de par
notre parcours avant SANGDRAGON donc c’est complètement naturel maintenant. Nous ne
nous posons plus de questions, nous envoyons juste la purée ! Il faut juste faire gaffe à nous
quand Vincent sort son épée sur « Winged Blade » pour une démonstration d’escrime
médiévale ou quand Thibault, un de nos potes, se met à faire du feu sur scène ! 😉
Sentez-vous une connexion avec le public ?
Alors là, complètement ! La musique de SANGDRAGON, c’est du riff et des refrains
mémorisables, un mix de puissance et de mélodies. Si ça ne nous fait pas taper du pied ou
secouer nos tignasses, ce n’est pas la peine. Les concerts de SANGDRAGON sont donc le
cadre d’un véritable échange d’énergie entre nous et le public, que nous faisons beaucoup
participer.
Il en va de même hors de la scène : selon les dires de certains fans présents depuis
longtemps, le projet est culte car Vincent a été un des pionniers du death black
symphonique dans les années ’90. A l’époque où Internet n’existait pas encore, il a vendu
des palettes d’albums de DAEMONIUM et AKHENATON et pour ces gens, le projet
représente quelque chose. Certaines personnes sont donc parfois un peu frileuses pour nous
approcher, croyant que nous sommes des gens inaccessibles mais croyez-moi, hormis pour
les temps de préparation et de rangement nécessaires au concert, nous passons très peu de
temps en loges. Le public du Ar’Vran Fest nous trouvera donc très facilement du côté du merch
avant et surtout après notre concert car nous adorons discuter avec les gens, signer des
trucs, faire des photos, etc. Nous ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas :
nous sommes avant tout des fans de metal et on se marre avec tout le monde !
Comment vous sentez-vous quant au fait de jouer à l’Ar’Vran Fest, sachant que cette année
l’affiche est une pure tuerie ?
La dernière fois où nous sommes venus jouer en Bretagne, c’;était pour le Motocultor en
2017, autrement dit une éternité ! L’accueil qui nous avait été réservé avait été phénoménal
et reste encore mon plus grand souvenir de musicien. Alors que nous étions programmés
vers 12h45 le dimanche, la tente devant la main stage était blindée vingt minutes avant que
nous ne jouions et elle ne s’est jamais vidée ! On n’a pas compris ce qui s’est passé ce jour-
là… Les orgas nous avaient demandé si on voulait faire une séance d’autographes après le
concert, vers 15 h, et nous avions fortement hésité car coincés entre le mythique Uli Jon
Roth et Suffocation, on s’est dit qu’on allait se taper la honte s’y avait personne ! Or,
quand nous sommes arrivés, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une file
impressionnante de personnes qui attendaient devant le stand et pendant les trente
minutes qu’a duré cette séance de dédicaces, ça a été la folie !
Là où je veux en venir en racontant cette histoire, c’est que je pense que nous avions fait
forte impression auprès du public du Motocultor constitué de beaucoup de Bretons ce jour-
là et ça m’a rendu malade (car c’est moi qui booke les dates de nos concerts) de ne pas
réussir à revenir jouer en Bretagne depuis ce jour. Aussi, vous ne pouvez pas savoir à quel
point nous sommes heureux de venir au Ar’ Vran Fest ! J’ai commencé à discuter avec Kobal il y a
plus de deux ans et je ne le remercierai jamais assez, ainsi que toute votre équipe, car
j’imagine que vos décisions sont collégiales, de nous ouvrir les portes de votre Fest.
Attendez-vous à ce que nous donnions comme d’habitude le maximum sur scène et en
dehors.
As-tu des anecdotes rigolotes à confier aux fans de SANGDRAGON ?
Il y en a tellement ! Nous passons notre temps à nous marrer dès que nous sommes
ensemble et heureusement d’ailleurs, car la vie d’un groupe autoproduit, qui a fondé son
propre label comme nous (Wake Up Dead Records), n’est pas un long fleuve tranquille.
Allez, je vais t’en raconter deux : une fois, sur la route entre le Hell’Oween Fest à Saintes et
le Conquerant Metal Fest à Caen, nous nous sommes arrêtés dans une station d’autoroute. Il
était 8 h du matin et je pense que toute la France avait envie de chier à ce moment-là ! Ah
ah… Bref, il y avait la queue aux chiottes et Vincent, qui avait fait l’after avec l’orga de
Saintes, n’était pas d’une toute première fraîcheur. Il faut imaginer un mec habillé en tenue
médiévale avec une couverture en laine rouge sur lui attendre au milieu des familles et des
papys avec les cheveux à moitié collés sur la gueule. Bref, une certaine idée de la déchire et
alors que c’était enfin son tour, un vieux papy tout tremblotant est arrivé avec sa canne,
demandant s’il pouvait passer devant lui. C’est alors qu’il a sorti avec sa voix cassée de death
metalleux qui n’a pas encore bu son café :« Faites, mais promptement ! » Ah ah ah… Putain,
j’ai explosé de rire ! A chaque fois que je me remémore cette scène d’une rare violence, je
chiale… 🙂
Une autre fois, même chose, alors que nous revenions de je ne sais plus où après une grosse
chouille, à 6 h du matin, nous nous sommes arrêtés sur une aire pour boire un café. Et alors
que nous revenions vers le van, Vincent a trouvé un énorme cône de chantier et n’a rien
trouvé mieux que de gueuler dedans, imitant à la perfection les cornes du Gondor ! Même
chose, énorme éclat de rire ! La résonnance de ce truc a été telle qu’elle a dû réveiller la
moitié des chauffeurs routiers qui pionçaient là. On s’est vite taillé ! Bref, nous adorons être
sur scène mais comme on le dit souvent, « C’qui compte, c’est’l’ voyage ! »
EXCELLENT !
Un dernier petit mot à vos fans ?
Vous l’aurez compris au travers de cette interview, nous sommes plus qu’impatients d’être
de nouveau des vôtres début Juillet ! Attendez-vous à prendre une bonne tarte musicale
dans le pit et n’hésitez surtout pas à venir vous marrer ensuite avec nous. Je suis certain que
la bière Bretonne doit être succulente. 😉
Merci les SANGDRAGON ! A bientôt au Ar’Vran Fest ! Horns up !!!!
Merci à vous pour l’invitation, pour votre confiance et bravo à vous et vos bénévoles pour ce
que vous faites pour la scène Metal! Il faut avoir des couilles en acier trempé pour organiser
encore de nos jours un tel festival, avec une telle affiche ! On se voit début Juillet ! Horns Up
! \m/



