INTERVIEW DRENAI
Simon : batterie
Adrien : guitariste
Damien : bassiste
Diego : chanteur
Camille : flûtiste
Indie : Salut les Drenaï ! Je vous laisse vous présenter !
Damien : Moi c’est Damien, bassiste.
Adrien : Moi c’est Adrien, guitariste. Je suis là depuis le tout début, je peux répondre à toutes les questions.
Indie : Parlons de Drenaï .
Adrien : Drenaï un groupe qui existe depuis 2012, qui s’est formé autour de plusieurs amis de l’époque, dont moi, du coup, ainsi que Diego, le chanteur, Adélia, qui est notre claviériste aussi, qui est toujours là, et Grégoire, notre autre guitariste. À l’époque, le groupe comptait encore deux autres personnes, à ce moment-là, qui sont plus dans le groupe, qui sont toujours des copains, mais qui sont plus dans le groupe, qui étaient notre flûtiste Martial et notre bassiste Benoît. Ça s’est fondé avec l’envie de faire du folk metal d’une part, parce que je crois que tout le monde était très dans la scène à l’époque, très investis dans ce truc-là, très à écouter Ensiferum globalement pour tout le monde, je crois. Moi c’est comme ça que j’ai commencé, je ne faisais pas du tout de metal avant le groupe. Et le groupe s’est fondé autour des textes, des livres et des écrits d’un auteur britannique qui s’appelle David GEMMELL, qui est un auteur britannique décédé malheureusement depuis quelques années maintenant. Et en plus du folk metal, tout le monde était un peu fan de ces bouquins, on a tous un peu grandi en étant très fan de fantasy globalement. On est tous d’immenses nerds finalement, c’est ça le point commun entre tout le monde. On est d’immenses nerds, on faisait du trollball, du jeu de rôle, du grandeur nature, et à un moment on a juste mis des instruments au milieu de tout ça.
Indie : Niveau du line-up actuel, quelle est la liste ?
Simon : Oui bien sûr.
Le line up a évolué ces dernières années, suite à 3 départs du groupe, donc on a donc dû faire face au départ de Ben notre bassiste, Guillaume qui était guitariste et compositeur et Martial qui était notre flûtiste, et ils ont été du coup pas vraiment remplacés parce qu’en fait je pense que c’est pas vraiment le truc du groupe de remplacer des gens, mais on s’est mis à travailler avec trois autres personnes que tu as devant toi là, qui sont Camille qui est notre violoniste et qui sait faire tout un tas d’autres choses d’ailleurs mais qui est rentrée dans le groupe au violon, Adrien rentré à la guitare, c’est Adrien qui est rentré en premier des trois, il me semble, si je dis pas de bêtises.
Camille : Oui c’est ça. Donc Adrien est arrivé pour faire la guitare, moi Camille je suis arrivée au violon pour prendre un peu la place de la flûte, donc on a un petit peu changé d’esthétique en passant au violon et Damien qui est notre dernier arrivé qui a pris la basse.
Adrien : Damien et Camille ils arrivent de leur autre groupe aussi qui fait aussi du métal et du folk mais peut-être peut-être vous définissez ça plus finement que ça je sais pas trop. Adaryn et qui est un groupe cannais dans lequel ils font toujours partie et qui existe toujours donc en plus on a recruté directement chez les copains d’en face !
Damien : Et puis il me semble que Camille tu connaissais depuis très longtemps mon prédécesseur à la basse quand même.
Indie : Quelle est la signification de Drenaï ?
Damien : Drenaï c’est un peuple inventé par ce même monsieur David Gemmell. Un peuple et un cycle de livres qui mettent en scène notamment le personnage de Druss, qui est son héros principal dans ce cycle-là. C’est un peuple très stéréotypé de la fantasy, c’est un grand basique façon peuple de gars occidentaux un peu celtes sur les bords vite fait. Comme c’était un peu le cycle principal et le truc le plus connu du gars on a pris ce nom-là. On l’a juste mal orthographié je crois, je ne suis même pas sûr, histoire de pas avoir trop de problèmes ! Mais on l’a un peu désorthographié vite fait quoi.
Sachant que on s’en est rendu compte quelques années plus tard, mais il y a une ethnie de genre World of Warcraft qui s’appelle un peu comme ça aussi. Généralement ça le premier réflexe des gens de penser qu’on était des fans de WoW, ce qui n’est pas nécessairement faux.
Indie : Donc année de formation 2012…
Damien : Ouais c’est la formation du groupe ouais.
Indie : A l’initiative de ?
Damien : Alors essentiellement c’était un projet qui traînait je pense beaucoup dans la tête de Diego, Benoît, Adélia et Grégoire à l’époque. Je pense que c’est principalement eux qui avaient dans l’idée de faire un groupe de musique et d’en faire du folk metal, et il se trouve que moi je les fréquentais, ce sont des amis et donc on se fréquentait beaucoup autour de la vingtaine pour d’autres trucs et il se trouve que j’étais batteur et donc ils n’avaient pas de batterie donc à un moment voilà ils ont fait un plus un, et on a monté le groupe comme ça ! Mais essentiellement, d’ailleurs même, très essentiellement les moteurs du groupe c’était beaucoup Diego et Ben, parce que Diego a écrit quasiment tous les textes du groupe même tous d’ailleurs, avec Greg aussi, et Ben a beaucoup composé la première démo puis ensuite on a beaucoup composé avec le guitariste qui est arrivé plus tard qui s’appelle Guillaume.
Indie : Donc à la base vous étiez vraiment dans l’esprit folk.
Damien : Oui je crois qu’on l’a toujours été parce que l’une de leurs anecdotes préférées c’est que moi au début j’avais pas compris qu’on allait faire du metal moi j’écoutais genre Omnia et je trouvais ça bien et ils m’ont dit « oh tu veux faire un groupe de folk ? ». J’ai dit « oui oui » et ils m’ont dit « ramène une double pédale », et du coup, oui ça a toujours été très folk et d’ailleurs tout le monde est toujours, même dans les pratiques musicales en dehors de Drenaï. Moi j’en fais toujours beaucoup, Benoît qui est plus dans le groupe en fait toujours beaucoup je pense que tout le monde en écoute un peu. C’était une des grosses empreintes du groupe.
Camille : Moi aussi ! Et du celtique à côté.
Damien : On a toujours revendiqué ce côté folk metal. On n’a jamais trop mis en avant le côté pagan metal parce que je crois que, alors c’est vraiment sans aucun jugement de ma part sur personne, mais on n’a jamais mis en avant de concepts spirituels ou liés à la mythologie ou aux mythologies diverses et variées donc on s’est toujours revendiqués folk metal, car basique tout colle : on a jeté du folk dans le metal.
Camille : C’est la définition juste basique de la musique qu’on fait quoi. Dans le dernier album il y a aussi une petite touche de sympho.
Indie : Du folk metal joué avec amour et passion !
Damien : Tout à fait !
Damien : c’est pareil la touche sympho qui a pris de l’espace. Alors je suis vraiment forcément le moins fort de la bande à ça, parce que je suis peut-être le moins calé en métal de manière générale mais dans les compositions beaucoup de l’album qu’on vient de sortir mais qui a été composé il y a quelques années déjà, il y a beaucoup cette place là et en fait on a fait de plus en plus moi je dirais même encore plus loin on a de plus en plus imaginé des trucs un peu orchestraux c’est à dire qu’avec des thèmes qui revenaient des thèmes, qui étaient collés à des personnages ou des bouts d’histoires etc.
C’est une grosse volonté du groupe dès le début de raconter des histoires sur scène.
Indie : Justement au niveau des thèmes principaux, que pouvez-vous me dire ?
Damien : La bagarre !
Cela va varier en fonction des chansons ! Moi je dirais que le truc principal du groupe c’est de vouloir raconter des choses, a priori même au moment où on a fait la démo, tout était fait pour que chaque sortie soit une histoire à part entière. Donc on n’allait pas généralement utiliser les textes de l’auteur en direct, c’est à dire on ne prenait pas des bouts de ses textes ,mais on extrapolait des morceaux de ses histoires en se disant « tiens dans cet interstice-là d’histoire, qu’est ce qui aurait pu se passer ? » ou « tiens à ce moment-là l’histoire, il se passe ça, est-ce qu’on peut juste faire un focus nous sont telles chansons sur ça etc »…Diego pourrait en parler bien je pense, mais globalement c’est ça et donc, ça va de l’héroïsme au désespoir, de la bataille finale et là, beaucoup sur le dernier album, ça parle beaucoup du destin d’un peuple qui est très inspiré par les peuples mongols, qui s’appellent les Nadirs : ça parle beaucoup d’un peuple qui y retrouve un peu sa foi, sa vigueur etc…, en endurant des choses terribles, dans le désert, de prophéties.
On a une grosse pub vivante pour les bouquins de David Gemmell ! On ne s’en cache pas !
Indie : Aucun souci ! Après chaque groupe a ses influences, ça peut être du Tolkien, exemple Cthulhu The Great Old Ones. Effectivement on a tous des inspirations et des influences qui nous parlent et qui nous portent donc effectivement ça s’entend.
Combien de démos et d’albums vous dénombrez à votre actif ?
Damien : On a enregistré une première démo : « A Rising Thunder » sorti en 2013. On a commencé par cette démo-là, auto-produite, tous nos albums sont auto-produits de toute façon. Ensuite, on a fait le premier album en 2014 je crois, si je ne dis pas de bêtises. Alors Adrien…
Adrien : Je retourne voir sur Metal Archive. Je vérifie ! 2014, c’est ça. « Deathwalker » !
Damien : « Deathwalker », le premier album, c’était vraiment genre, on va raconter toute la fin de vie de Druss et ses origines, comme c’est raconté dans le bouquin qui s’appelle « Légende », en l’occurrence, qui raconte sa dernière bataille à ce héros légendaire. Il est sur le seuil de sa vie et il se dit « j’arrive pas à trouver la mort paisiblement, donc je vais aller me la coller avec des bonhommes en face sur une grosse forteresse, histoire de voir si ça passe ! ». Et c’est exactement ce qu’il fait. C’est un héros, un « héros héroïque », donc il va rendre l’âme comme ça, sur une dernière bataille et tenir des derniers murs, et « Deathwalker » c’est 2014. Ensuite, on a fait un truc un peu zinzin, justement, parce qu’on était très très fans de Folk. On a eu la chance d’être parrainés par notre SMAC locale, qui s’appelle le 106, qui nous ont accompagnés. Parrainer, signifie qu’on avait accès à des studios de répète plus facilement, à des journées de filage, de travail scénique, des enregistrements, etc. On était parrainés un an par la SMAC locale avec un autre lot de groupes, et il y avait un ou deux concerts pour présenter les groupes en question, etc. Donc ça nous a fait un peu nos premières grosses armes on va dire, entre nous.
Une SMAC est une scène de musique actuelle généralement financée par le Département, les Régions, etc. Et généralement c’est une structure qui accueille des groupes avec des projets, ce sont des studios pour répéter, etc. Donc, on a fait un truc un peu bête, je me demande si c’est pas la première fois qu’on a fait venir Camille parmi nous…
Camille : Et c’est ça. C’est là que j’ai fait ma première apparition.
Damien : Et oui, parce qu’on cherchait des listes talentueuses ou talentueux. Benoît a dit « moi je connais quelqu’un depuis longtemps et qui correspond parfaitement au profil ». Et en fait on a enregistré un album folk qui s’appelle « Nadirs » qui comporte 5 ou 6 titres je crois. Qui sont assez longs. Et nous dessus, on a dit on ne va rien programmer, donc on a on avait je crois, enfin c’est vraiment débile, on avait une trentaine d’invités je pense.
Camille : Ouais il y avait plein plein d’invités.
Adrien : Il y avait un chœur, il y avait au moins des membres des Gras-Jambon notamment : Florian. Camille qui était venue en renfort au violon, et on a mis un maximum d’instruments un peu étranges à ce moment-là, en tout cas qui nous étaient un peu plus inconnus à ce moment-là, et c’est à ce moment-là qu’on s’est un peu intéressé à tout ce qui était chant diphonique, tradition musicale mongole, etc.
Tout ce qu’on retrouve aujourd’hui beaucoup dans les groupes folk, avec du violon mongol aussi. Et donc on a enregistré cet album-là sur quelques jours, c’était une grosse expérience intense qu’on a sortie en 2016, et donc ça s’appelle « Nadirs ».
Après ça, du coup, on a proposé deux choses. On proposait des concerts metal, comme d’habitude, et une formule acoustique. La formule acoustique n’était pas juste reprendre nos titres metal avec des guitares acoustiques, grossièrement. On a fabriqué un conte que Diego ou Adrien, en fonction des périodes, contaient. Et derrière, on faisait toute la musique. La musique était grandement reprise : notre album acoustique Nadirs, du coup. Donc on avait beaucoup de percussions, flûte, on avait beaucoup de choses différentes. Et on a fait tourner ça pendant un certain temps, quelques années, jusqu’à une très belle date dans l’historial Jeanne d’Arc, à Rouen, qui avait été captée. Donc il y a encore des vidéos, des images de tout ça sur nos réseaux. Et en parallèle, on a composé le deuxième album metal du groupe, qui faisait la suite de l’histoire de « Nadirs ». C’est-à-dire l’histoire du fameux peuple Nadir, de la prophétie qui est annoncée dans l’album Folk, etc. Et qui est sorti cette année, et qui s’appelle « Gods of Stone and Water ».
Indie : Très bel album, avec beaucoup de chants féminins.
Adrien : Oui, tout à fait. Oui, notamment toute une chanson leadée par Adéliane, notre claviériste, qui est une très bonne chanteuse. Mais en fait, il y a aussi des chœurs qui ont été faits, notamment par Camille, et par plusieurs autres choristes femmes, comme Manon. Et sur cet albums-là, il y avait aussi un chœur de toute façon enregistré.
Indie : L’idée d’incorporer des chœurs féminins, était)ce volontaire, entre guillemets, dans votre idée première de formation du groupe ?
Adrien : Je ne saurais pas te dire. Pas àl’époque de 2012, je ne pense pas. Je pense qu’on n’avait pas du tout ça en tête. Mais d’abord, il y a des femmes dans le groupe, donc ça paraît naturel qu’elles fassent ce qu’elles ont envie de faire aussi. La chanson qu’Adélia chante, ça s’est fait naturellement aussi je crois, parce que tout simplement, la chanson est centrée autour d’un personnage féminin. Donc ça nous paraissait essentiel que ce soit chanté par une femme.
Et en soi, nous on n’a aucun problème avec le chant féminin, du tout même.
Après on se doute bien qu’on véhicule quand même pas mal de stéréotypes masculins, parce que les héros de Gemmell sont la plupart du temps des hommes. Ça parle de gros bonshommes qui se tapent dessus à coups de hache. On est un peu dans plein de stéréotypes, donc non pas qu’on soit complètement dans de ce truc-là, mais si ça peut nous enlever un peu de cette imagerie-là, ce n’est pas plus mal, parce que ça fait quand même depuis 2012 qu’on fait ça. En fait, nous avons tous beaucoup changé, le line-up a changé, la façon de faire du groupe a changé. Camille, tu veux en parler un peu ? Ou Damien, d’ailleurs ?
Damien : C’est vrai que, je pense qu’il y a eu une époque dans le folk metal où tout était très codifié, et on ne va pas se mentir, la masculinité, comme dans l’heroic fantasy, c’est quand même des choses qui sont prédominantes, et si on n’a pas un peu fait attention, on peut tomber dedans comme tout le monde, je pense qu’il y a ça. Et puis c’est vrai que maintenant, avec l’âge, on peut se dire qu’il y a des règles un peu tacites qu’on peut transgresser, que le gatekeeping sur le metal à chanteuse, comme on appelle ça, parfois, ça commence à bien faire et qu’on peut passer à autre chose. Et je pense que tout ça, ça ne fait que nous priver finalement d’une grande part de possibilités, de choses qu’on peut explorer par ailleurs. Et bon, il faut avoir un peu d’imagination pour sortir des sentiers battus, c’est tout.
Indie : Et ça marcherait bien d’ailleurs, parce que finalement, quand on écoute les albums au fur et à mesure du temps, ça paraît de plus en plus cohérent, je dirais, que les voix féminines soient de mise et soient vraiment dessus, présentes, sur les albums. Après, c’est mon ressenti.
Damien : Moi, je suis assez d’accord avec ça, effectivement. !
Adrien : Oui, on est complètement d’accord avec ça. C’est vrai que j’ai même été peut-être timide dans la présentation du truc, mais je suis assez d’accord avec Damien. Ça fait part aussi de plein d’avancées qui nous concernent tous et toutes.
Damien : Je pense qu’on tourne un peu autour du sujet, donc je vais mettre les pieds dedans, mais on ne va pas se mentir. Il y a des choses à faire au niveau féminisme dans le metal et je pense que l’idée, c’est quand même de s’inscrire dans cette démarche-là. Et nous, en tant que mec, on a du soutien à apporter, on a un exemple à montrer et on sera toujours imparfaits, évidemment, parce que la théorie féministe avance bien plus vite que les modes de vie et ils ont raison. Et donc nous, il faut qu’on fasse un effort aussi à ce niveau-là et j’espère en tout cas que cet effort, on le fait. Je ne sais pas si vous êtes d’accord avec moi, je ne veux pas prendre la parole pour vous.
Indie : Je suis d’accord avec toi.
Adrien : Diego, est-ce que tu es d’accord ?
Diego : Oui, oui, oui, je suis d’accord.
Indie : Parfait. Merci pour ton intervention !
Damien : Donc, Diego, le chanteur et parolier du groupe.
Indie : Enchantée, Diego.
Diego : Hello !
Indie : Alors, question suivante. Quel est votre processus d’écriture des albums, des chansons, des morceaux ? Est-ce que c’est chacun de votre côté ou est-ce que vous faites tous ensemble ?
Adrien : Ça a été assez différent en fonction des sorties. En fait, c’est vrai que si toi tu as regardé notre historique et nos sorties là, c’est une information qu’on ne décèle pas. Mais le groupe a quand même connu une grosse période de flou artistique absolue avec les départs de nos trois compères successifs. Le temps qu’on arrive à reformer une équipe entière et tout. En fait, l’album qu’on vient de sortir, on le défend sur scène depuis déjà un certain temps. Et je dirais que la base de la base, généralement, c’est quand même plutôt Diego qui s’occupe des textes. Même 99% des textes, c’est Diego qui s’en occupe. Voilà, il nous les soumet toujours, c’est pas du tout une dictature de Diego. On se décide généralement sur des thématiques, etc, mais il nous soumet un peu des versions définitives.
Je trouve que ça marche très bien, parce que généralement, entre sa connaissance de l’œuvre et sa maîtrise de l’anglais, ça colle bien. Musicalement, c’est beaucoup plus compliqué. Jusqu’alors, il y a eu de temps en temps un travail un peu d’équipe, c’est-à-dire un truc décliné quelque part, et ensuite on se réunit pour faire quelque chose. Mais la plupart des morceaux que tu peux entendre, ils ont été composés pour beaucoup par notre ancien guitariste Guillaume et certains par notre ancien bassiste Ben.
En tout cas, leur ossature, les deux garçons n’avaient pas du tout la même façon de composer. Guillaume c’est un arrangeur, qui faisait beaucoup de longues partitions de ce qu’on appelle des conducteurs, avec les voix de tout le monde, etc. Ben avait plus généralement une idée de riffs d’ossature et ensuite on se mettait à arranger tout ça. Donc là, tel que tu nous vois, on doit se réinventer complètement.
Il y a eu des travaux, on va dire, un peu similaires. Camille, par exemple, a réarrangé quelques chansons du répertoire pour un orchestre à cordes avec lequel on a joué, qu’elle dirige, et avec lequel on a joué cette année et demi dernière, je dirais.
Donc c’était une super expérience pour le groupe, mais ça a demandé à Camille cette fois, d’ailleurs exclusivement il me semble, un gros travail de réarrangement de nos parties de cuivre, de cordes, etc. dont les orchestrations. Et là actuellement, je dirais que dans ce qu’on essaye de faire maintenant, la plupart des idées musicales, elles commencent chez Damien, notre bassiste, un peu chez Grégoire, notre autre guitariste. Et je crois que, par contre, la responsabilité texte est toujours au-dessus de la tête de Diego pour le moment.
Diego : Eh oui !
Adrien : Je dirais que pour l’instant, c’est à peu près comme ça qu’on a fonctionné, même si c’est un peu dur de résumer toutes ces années de musique ensemble, mais grossièrement, c’est comme ça que ça marche.
Indie : Au niveau concerts, festivals, on parle de pas mal de dates à votre actif ?
Adrien : Je ne saurais pas faire le compte total, parce que ça fait quand même depuis 2012-2013 qu’on est sur scène. Ces dernières années, non, très peu, on a dû jouer une ou deux fois par an, parce qu’en fait, ça a été très difficile de se reconstruire les uns avec les autres. Voilà, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais le changement de line-up, a succédé à un moment un peu compliqué pour tout le groupe humainement, disons. Et donc, la bande, telle qu’elle est maintenant, essaie surtout de préserver sa santé mentale, son envie de faire des choses, sachant que Drenaï, c’est un groupe qui s’est énormément dépensé au début de sa vie, c’est-à-dire les 5-6 premières années, on nous offrait un sandwich, on faisait 800 km et on jouait 4 heures. Et donc aujourd’hui, c’est plus du tout un modèle qui peut fonctionner pour nous parce que la vie a fait que maintenant il y a des familles, des emplois, etc.
Donc ce n’est plus possible. Donc je pense qu’on ne cherche pas tant la quantité de dates, que de se faire plaisir sur des dates qui ont l’air cool. C’est pas un truc de « il va y avoir des centaines de personnes », c’est plutôt « la vibe a l’air chouette », « les gens ont l’air chouettes », « le lieu a l’air sympa, on y va ». Donc là, ces derniers temps, on n’a pas fait beaucoup de dates. Je crois que même que l’Ar’Vran Fest, va sûrement être notre première date de 2026.
Indie : Qu’est-ce que ça vous a fait d’avoir été contacté pour jouer à l’Ar’Vran ? Connaissiez-vous déjà le festival ?
Adrien : Moi non, à dire vrai. J’avais vu le festival sur Facebook, peut-être parce qu’on a des copains qui y ont joué.
Diego : Oui, on les avait vu passer sur les réseaux d’Orkhyz, je crois.
Simon : Même avec Adaryn on y a joué aussi.
Camille : On y a joué il y a deux ou trois ans.
Simon : Moi je suis assez admiratif de l’affiche qu’il a fait cette année le camarade Kobal parce que c’est vraiment impressionnant les groupes qu’il est allé chercher.
Indie : Et qu’est-ce que ça vous fait de savoir que vous allez jouer aux côtés d’Ensiferum, d’Arkona, de Houle, de Griffon…
Adrien : On a déjà joué avec eux ! Au Graf Zeppelin.
Diego : Oui, on a joué le même jour que Houe au Graf, l’an dernier.
Camille : On a joué avec eux lors de leurs premières dates aussi à Paris.
Adrien : C’est vrai. C’est une très très belle année. En fait, on a quand même pas mal de dates au compteur, tu vois.
Diego : Là, l’affiche est incroyable, globalement. Moi, quand j’ai vu arriver Ensiferum, j’ai fait « Ah bon ? » et j’ai fait « Bon bah, week-end en Bretagne, c’est parti ! »
Diego : Simon souviens-toi le Hörnerfest en Allemagne où l’affiche était complètement folle aussi ! Il fallait aller se déplacer, faire les 800 bornes de camion pour un sandwich. L’affiche de l’Ar’Vran est complètement folle, ça fait vraiment plaisir, quitte à faire peu de dates, et d’aller sur des événements où une vague nous séduit, qu’on aime bien, on se dit tant qu’à faire, c’est vraiment une super chance, un super moment qu’on va passer.
Simon : Mais même Arkona et Varg, c’est exceptionnel.
Il y a un petit côté spectateur qui est content chez moi aussi, parce qu’ils s’y feront, par exemple, je les ai vus l’été dernier et je ne les avais pas vus depuis 10 ans, je pense. Et c’était vraiment archi bien sur scène, ils n’ont pas bougé, c’est toujours exactement les mêmes types, super forts et tout. En plus maintenant, il y a le chanteur, qui rajoute vraiment un bon gros coup de peps au truc. Leur dernier album est bien, pour être franc, je n’avais pas du tout accroché aux sorties précédentes. Le dernier album, je l’ai trouvé archi bien. Et vraiment, le set sur scène, s’ils font le même, c’est une tuerie, ils vont beaucoup trop s’amuser. Pour les spectateurs, ça va être fou déjà !
Indie : Kobal est là, vous voulez lui dire bonjour ?
Kobal : Salut les gars, ça va ?
Collégial : Salut Kobal !
Kobal : Je reconnais certains membres : Adrien que j’ai déjà croisé, Camille…
Indie : Est-ce que déjà vous avez des jeux de scène particuliers ou pas du tout ?
Adrien : Si, j’ai l’impression quand même, on a des tenues, etc, spécifiques et l’idée c’est quand même de donner une énergie aux sets, en tout cas, moi c’est ce que je me force de faire et j’ai l’impression que mes camarades aussi, mais tu sais, dans certains trucs de black, on a l’esthétique un peu habillée tout de noir vêtu, et puis on bouge pas et no smosh, ni pit… je pense que le folk metal se prête plus à la fiesta et à l’énergie que ce style-là.
Simon : La force du groupe en tout cas, la principale, c’était justement d’être sur scène parce qu’il y avait un côté presque équipe de sport qui va jusqu’au bout quoi. Il fallait qu’on ressorte de là, tremper, que les gens en aient eu pour leur argent entre guillemets. Et nous, il fallait qu’on ressorte de là, lessivés en se disant « c’est bon, on est à 0% de batterie, on a tout donné, c’est ce qu’il fallait faire, peu importe le nombre de gens devant ».
Comme on raconte des histoires, ça nous permet de les vivre un peu sur scène. Même dans la formule metal, ça nous est arrivé de faire des intros un peu rituels avec des jeux de scène, des dialogues, beaucoup de costumes, de décors etc…
Diego : L’idée c’est vraiment qu’on essaye de théâtraliser, on met en musique une œuvre qui est quand même une histoire épique, si on ne va pas partir là-dedans nous-mêmes sur scène quand on l’interprète avec notre point de vue, eh bien l’intérêt est quand même beaucoup moindre. Donc on est partis là-dessus dès le début, raconter des histoires. Avec la musique metal c’est limite un accident là-dedans !
Adrien : Gros accident ! Un accident industriel !
Indie : Sentez-vous une connexion avec le public ? Est-ce que vous pensez que le public adhère justement à ce que vous proposez ?
Simon : Oui, moi je dirais 99% du temps. En fait on a souvent d’ailleurs été le groupe qui ouvrait ou alors le groupe de la chauffe, de la soirée etc. Et de fait, on est un groupe qui fonctionne bien pour faire ça, parce que généralement on arrive à accrocher les gens et à les faire un peu s’échauffer, moralement comme physiquement même parfois. Cela a pu ne pas marcher une paire de fois, mais ça tient à notre prestation, c’est nous qui n’étions pas assez convaincus par ce que l’on faisait, ou alors on n’était un peu moins dedans, ça peut arriver malheureusement.
Camille : ça c’était avant qu’on arrive avec Adrien, Damien et moi on arrive !
Adrien : Evidemment !
Après c’était au début, on était assez jeunes, la vingtaine, et surtout personne n’avait vraiment une expérience de la scène : je sors d’une école de musique, je n’avais jamais expérimenté ce genre de truc. Le public metal je ne dirais pas qu’il est exigent, ça veut tout et rien dire, mais en tout cas, il demande un certain engagement sur scène. Je pense qu’il pardonnera plus facilement des gens qui sont un peu moins forts musicalement mais qui transpirent vraiment pour faire quelque chose, que l’inverse. Des gens qui seraient très distants. Nous on est vraiment là pour transpirer. On l’a toujours été dès le début.
Camille : En tout cas dans le folk.
Damien : Très honnêtement moi depuis que je suis arrivé, Simon, je reviens sur ce que tu disais, je n’ai pas souvenir de dates qui soient un petit peu plus molles mais en fait j’ai l’expérience d’où je venais de mon groupe d’avant. Quand je suis arrivé, Drenaï qui était suffisamment solide déjà, avec donc trois enregistrements avant, une habitude des concerts, quelque chose de très tenue et du coup moi j’ai juste eu à amener mon énergie là-dedans et ça matchait je trouve, c’était vraiment cool et Diego a quelque chose d’assez balèze je trouve, avec ce côté narratif de ce qu’on raconte, le côté un peu guerrier, héroïque tout ça, épique, d’aller chercher vraiment les gens et de vraiment les faire bouger quoi et moi j’ai vraiment l’impression que ça a toujours fonctionné en tout cas.
Simon : Mais ça fonctionne vraiment comme les conteurs au coin du feu, si la personne est dans son histoire. C’est un truc d’humain, naturel, on se laisse attraper par une histoire facilement, et nous c’est un truc qu’on faisait à chaque fois.
Adrien : Et puis on se bat un peu dans la fosse pour illustrer ça.
Simon : Oui à cause de la coup de basse en forme de hache. Notre musicien flûtiste qui était sans fil sur scène, qui avait un micro sans fil à la tête, généralement avec Diego, allaient dans la fosse pour aller séparer les gens, lancer des pogos, des wall of death. On va donner à notre personne aussi. On a vraiment cette idée que si les gens viennent à un concert de folk c’est pas pour entendre un album de folk, c’est pour voir un concert. Donc il faut qu’il y ait autre chose que l’album.
Adrien : On a vraiment cette idée que si les gens viennent à un concert de folk, c’est pas pour écouter un album de folk, mais pour assister un concert.
Si tu écoutais de la musique dans de très bonnes conditions, tu as sûrement un meilleur système audio chez toi tranquillement, avec une bonne bière, que quand tu vas sur scène ou quand tu vas sur un concert. Il y a vraiment cette idée d’amener une énergie supplémentaire par rapport à nos productions CD. Et c’est aussi pour ça, et généralement on voit très bien, en tout cas sur les dernières scènes qu’on a faites, que dès qu’on va chercher un public, même un public qui n’est pas forcément prêt à bouger avec nous, quand on donne de sa personne, ça paye, tout simplement, et on voit les gens vraiment qui rentrent dedans. Lors du Graf festival, c’était particulier car hyper familial : il y avait des enfants de 7 à 9 ans, c’était hyper mignon, avec leurs parents qui faisaient au deuxième rang, un rang solide. Ça ne pogotait pas, c’était parfait. On a un public à chaque fois, qui va rentrer dans l’histoire même si au départ, ils ne nous connaissent pas forcément. Donc c’est ça aussi qui nous intéresse.
Camille : on avait réussi à faire rentrer les gens dans une l’histoire dans une salle assise.
Simon : On avait joué avec l’orchestre et que les gens étaient assis, ils étaient quand même à fond avec nous quoi.
Indie : Super, donc ça prend, ça marche, parce que vous êtes dedans et vous voulez vraiment faire vivre le truc quoi.
Simon : Ouais exactement, faire vivre et raconter un truc, c’est vraiment la base de Drenaï.
Indie : Vos projets à venir à part l’Av’Vran qui va arriver.
Il y a quelques ébauches de compositions.
Indie : Un dernier mot pour vos fans ?
Drenaï : Oui, on est très honorés de rencontrer des gens qui nous connaissent de nos précédentes sorties. Nous on a toujours l’impression que comme on est resté silencieux assez longtemps, on doit tout recommencer à zéro, mais dans les faits c’est faux.
Voilà, s’il y a des gens qui nous connaissent d’avant et qui seront à l’Ar’Vran Fest, venez boire des coups avec nous, on sera archi contents de parler de nos vieux albums et de vieilles références avec tout le monde.
Mais surtout s’il y a des gens qui ne nous connaissent pas, venez ! Au pire du pire, vous risquez de passer un bon moment, au mieux du mieux vous risquez de faire une belle fiesta, et on va bien s’amuser je pense.
Et comme c’est super important de s’échauffer la nuque avec Ensiferum, on est de très très bons échauffeurs !
Et surtout bien sûr n’hésitez pas à écouter notre dernier album qui est en ligne partout. Pour vous faire une idée de ce qui va se passer même si ce ne sera jamais vraiment pareil.
Indie : Merci beaucoup les Drenaï ! A bientôt au Festival !
Collégialement : Merci à bientôt !
Une interview riche et pleine de sympathie, avec un groupe qui évolue joliment ! Venez les voir à l’Ar’Vran Festival !



