Un immense honneur m’a été accordée :
une interview avec la sublime Sierra VEINS, le 9 mars 2026.
Sierra, une artiste aux multiples talents, humble et tout en générosité….
Indie : Salut Sierra ! Comment vas-tu ?
Sierra VEINS : Ça va et toi ? On se tutoie, s’il te plaît ?
Indie : Oui, s’il te plaît ! Je vais très bien merci ! Et merci, merci mille fois pour cette interview ! C’est toujours un plaisir d’échanger avec les artistes pour lesquels on couvre les shows. Parce que c’est vrai que faire un live report, c’est beau, mais si on peut avoir un temps d’échange, c’est d’autant plus intéressant.
Sierra VEINS : Carrément !
Indie : Alors, moi, c’est Indie. Enchantée !
Sierra VEINS : Moi aussi, de même.
Indie : Je suis parfaitement heureuse de te parler. J’aime beaucoup ce que tu fais. Alors ça, c’est à titre perso ! Donc, je suis photographe et rédactrice pour le Ar’Vran Mag, pour lequel je vais faire un live report sur toi et sur Ghost Dance également, bien sûr.
Sierra VEINS : Oui, super !
Indie : Je te présente vite fait l’Av’ran Mag. Ce pourquoi j’ai voulu créer ce webzine. En fait, on est dans l’état d’esprit de promouvoir et de donner de la visibilité aux groupes émergents français, locaux et internationaux aussi. Et bien sûr, parler des plus gros groupes. Et on est vraiment dans une ouverture d’esprit Metal. Tout style de métal confondu que l’on soutient dans sa globalité.
Sierra VEINS : D’accord, ok. Donc ça veut dire que tu considères que ce que je fais, c’est du métal ? Ah ah ! C’est la première question. J’aime bien poser ça en plus ! Quand j’ai des médias rock metal, j’aime poser cette question car elle est intéressante à mon sens !
Indie : Tout à fait ! Pour moi l’EBM, oui. Et tu proposes également du Darkwave, entre autres. Il y a ce mélange de style qui est intéressant et pour lequel, effectivement, je te demanderai un tout petit peu plus tard comment tu qualifierais ton style de musique 😉 !
Sierra VEINS : Ouais, j’en étais sûre, j’en étais sûre, j’en étais sûre, j’ai anticipé ! (rires 😉
Indie : Ah ah ! Excellent ! Sierra, peux-tu te présenter ?
Sierra VEINS : Moi, c’est Sierra VEINS. Je fais de la musique électronique. Avec des inspirations dans le Darkwave, Synthwave, EBM, Techno et Metal aussi. Je fais de la musique électronique qu’on peut qualifier d’extrême par moment et à d’autres moments, portée plus sur les synthés, la mélodie. On va dire que je fais un projet hybride de musique électronique !
Indie : Y a-t-il une évolution entre Sierra et Sierra VEINS ?
Sierra VEINS : Franchement, c’est juste le nom qui a évolué. Il n’y a pas d’impact sur ma musique. C’était vraiment une évolution de nom. Parce que déjà, il y a une contrainte que j’avais depuis un moment parce que mon nom était vraiment trop générique. Et j’avais beaucoup de soucis pour que mon public me trouve sur mes plateformes. J’avais des problèmes d’homonymes, des problèmes de certification sur mes pages de réseaux sociaux. Ce qui fait que j’étais un petit peu embêtée.
Et lorsque j’ai commencé à écrire mon dernier album qui porte sur l’identité, je me suis dit que c’était le bon moment pour faire un changement. Et je trouvais ça assez intéressant, artistiquement parlant, de changer le nom sur un album qui porte sur l’affirmation d’identité. Mais après, en parlant purement de musicalité, je ne me suis pas dit que je changeais quelque chose avec ce changement de nom.
Indie : D’accord. VEINS avec BLOOD, effectivement, c’est plutôt ingénieux ! 😉
Effectivement, j’ai lu que tu avais galéré parce qu’en tapant Sierra, on tombe sur Sierra Nevada, ce genre de truc.
Sierra VEINS : Voilà, c’est ça. Et puis il y a beaucoup d’homonymes dans le milieu de la musique. Donc forcément, dès que je sortais un son, ça arrivait sur les mauvaises pages. Combien de fois des gens sortaient des sons, ça arrivait sur mes pages !
Cela a été un vrai bazar au niveau des plateformes, etc. Donc voilà, au moins, ça m’a simplifié un peu la vie !
Indie : Je veux bien te croire !
Sierra VEINS : Et puis j’aimais bien avoir quelque chose d’un peu plus original, unique. Je me sens vraiment en accord avec mon nom. Alors que jusqu’à présent, je l’étais, mais il y avait toujours ce petit truc de « Ah, c’est un peu pénible ».
Indie : Merci. As-tu concrétisé ton projet musical ?
Sierra VEINS : Quand j’ai vraiment décidé de commencer, de dire « c’est parti » ?
Indie : Ouais, c’est ça.
Sierra VEINS : C’était en 2017, et avant ça, on va dire qu’en 2016, je me suis dit, « Allez, je commence un projet ! ». Enfin déjà en 2016, je me suis dit, « J’apprends la musique électronique ». Et je lance un projet, et je mets toute magie de côté, et c’est parti, je pars en mode j’arrête tout, et je me mets en mode warrior pendant un an pour apprendre, et je lance mon truc un an plus tard, c’était un peu l’objectif.
J’ai préparé mon EP, on va dire au printemps 2017, et je l’ai sorti six mois plus tard. On va dire que vraiment, j’ai posé les bases en fin 2017. Fin 2017, je me suis dit que c’est parti, je pense.
Indie : D’accord. Avec « Strange Valley », du coup ?
Sierra VEINS : C’est ça !
Indie : Donc tu avais déjà ton idée, en ayant tout lâché ! Faut avoir beaucoup de courage pour pouvoir faire ça ! Donc, t’avais déjà une idée préconçue dans ta tête et dans ton cœur par rapport à ça, pour pouvoir tout lâcher ?
Sierra VEINS : Oui, sur le fait que je voulais faire de la musique et de me lancer dans quelque chose, mais je ne savais pas encore exactement dans quoi. Je savais que je voulais faire un projet de musique électronique, ça c’est sûr. J’avais mes influences, des univers que j’aimais. J’aimais la synthwave, la French Touch, mais je ne savais pas si j’allais partir plutôt vers un projet de techno ou vers un truc synthwave ou French Touch. Vraiment, j’ai testé plusieurs trucs pendant toutes ces années-là où j’ai découvert la musique assistée par ordinateur. J’ai testé pas mal de formats, pas mal de choses, mais je savais que je voulais aussi faire un projet qui était lié à l’image et aux univers qui me permettaient peut-être un jour potentiellement d’arriver sur de la musique à l’image. C’était vraiment dans une période où j’hésitais à reprendre des études de cinéma. J’étais vraiment très très hypé par l’image et j’ai vraiment beaucoup hésité entre tout lâcher pour partir vers une école de cinéma ou tout lâcher pour apprendre la musique électronique. Mais c’était vraiment un dilemme, une sorte de crève-cœur. Vraiment, c’était horrible. Je ne savais pas quoi faire entre les deux. Et du coup, je me suis dit que j’allais faire de la musique, mais à condition qu’il y ait des univers qui me permettent peut-être un jour de potentiellement revenir vers de l’image.
Donc voilà, en gros, c’était ça comment j’ai commencé tout ça !
Indie : Niveau visuel, tu commences vraiment à l’introduire depuis peu ?
Sierra VEINS : Franchement, non, parce que dès mon premier EP, tu vois, pour mon teaser j’ai fait appel à un motion designer, moi, j’avais déjà fait des boards, j’ai créé un univers de « Strange Valley » avec pas mal de tableaux, tous mes morceaux correspondent à un univers que je m’étais imaginé, que j’avais dessiné.
Suite à ça, j’avais fait appel à un Motion qui m’a créé un monde en fonction de ça. Et en fait, sur tous mes EP, sur mes albums, etc., j’ai toujours fonctionné comme ça. Donc, si tu veux, c’est peut-être implicite parce que je n’en parle pas forcément, et je ne le mets pas forcément trop en avant, et peut-être que ça se ressent musicalement, mais en tout cas, moi, dans ma tête, les images, je les ai, si tu veux.
Là, maintenant, j’essaie de le montrer un peu plus et de faire un peu plus parler mon univers aux yeux des autres, mais dans ma tête, moi, c’est déjà en place.
Indie : Quand est-il scéniquement parlant de côté visuel ? On le découvre plus aujourd’hui, qu’en penses-tu ?
Sierra VEINS : Alors, la scène, c’est encore différent, parce que la scène, ça demande des moyens qui dépendent du fait d’avoir un tourneur, d’avoir une équipe, d’avoir tout ça, en fait. Donc, on va dire que la scène, pour moi, si j’avais pu, je l’aurais fait dès mes premiers concerts. Le truc, c’est que je n’avais pas le potentiel pour le faire. Maintenant, au niveau de la musique que j’ai produite, très rapidement, j’ai des clips, des visuels qui ont été travaillés, etc. Donc, si tu veux, en termes de représentation, ça se ressent plus maintenant, j’ai de la scénographie. Mais voilà, c’est pour ça que peut-être, on le voit plus. Mais depuis le début, je travaillais un peu ça.
Indie : D’accord, ça marche ! Du coup, alors la question : comment tu qualifierais ton style et ton univers musical ?
Sierra VEINS : Franchement, je pense qu’on peut dire que c’est vraiment un projet hybride parce que je ne rentre pas dans une case du tout. Et mes morceaux, d’un morceau à l’autre, et même d’un album à l’autre, il y a des univers qui sont parfois différents, même s’il y a quand même un lien. Mais mon premier EP n’a absolument rien à voir avec mon dernier album. Donc, on va dire que je varie sur des influences qui prennent pas mal de styles. Ils ont quelque chose d’assez hybrides. Il y a des moments où il y a des morceaux qui sont très synthwave, d’autres morceaux qui sont très coldwave, il y a des morceaux qui sont très EBM. Donc on va dire que c’est un projet hybride, électronique, EBM, Darkwave, ça me va bien.
Indie : On sent Sierra, que tu es passionnée, et c’est cool !
Sierra VEINS : Oui, grave !
Indie : Est-ce que tu aimes explorer de nouveaux horizons ?
Sierra VEINS : Ah oui, c’est la base de toute création que je commence. Je n’aime pas l’idée de faire du réchauffé. Même si parfois j’ai des sons qui peuvent se ressembler. J’aime bien l’idée de partir quand je compose quelque chose sur des explorations, soit de l’univers visuel que j’ai en tête, soit de manière de produire qui va être totalement différente. Parce que le fait est qu’en musique électronique, ça avance très vite les avancées d’un point de vue informatique, qu’on est obligé d’être à la page, on est obligé d’être dans des explorations, de nouveaux logiciels, de nouveaux procédés. Du coup, je trouve que ça fait vraiment partie de cet univers un peu musique électronique d’être un peu toujours en recherche de sonorités, etc. Donc je suis constamment en train de chercher des horizons à explorer. Et à partir sur des trucs un peu « WTF » des fois ;), ou des choses qui, à un moment donné, peut-être que je vais sortir de quelque chose, et on va se dire « Mais qu’est-ce qu’elle a fait ? » ;). Mais c’est le jeu et ça me va très bien. Je suis passionnée par le fait d’aller découvrir des choses.
Indie : Et ça se ressent complètement. Et tu t’octroies justement cette liberté de « WTF » et aucune case et c’est plutôt chouette !
Sierra VEINS : Je m’octroie à mes risques et périls 😉 ! Oui, c’est ça ! J’ai conscience que des fois, ça peut surprendre ce que je fais. Et on me le dit, on me le partage par moments « Ça, je ne m’y attendais pas. Je n’ai pas aimé…. ou c’était cool! », et du coup, je suis contente car c’est le risque. Mais franchement, ça me va très bien.
Indie : Oui, parce que ça te correspond. Ça fait partie de ta passion.
Sierra VEINS : Oui, ça me correspond.
Indie : Justement, au niveau du processus d’écriture, tu peux partir en live dans ta tête et partir sur ce délire-là, sur une idée, ou comment ça se passe ?
Sierra VEINS : Je n’ai pas de process type, déjà, quand j’écris. À chaque fois que j’essaye d’en avoir, je sors du cadre et ça me va très bien parce que j’ai un peu de mal à rester. Non, je ne suis pas très scolaire ! D’un morceau à un autre, ça ne va pas du tout la même manière de composer, d’écrire. Des fois, j’ouvre mon ordi et puis d’un coup, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu une inspi et c’est parti. Je vais trouver même des paroles assez rapidement, etc. Et je vais être trop emballée. Je vais passer deux jours dessus et deux jours plus tard, je vais me dire que c’était nul. Et l’inverse, parfois, je vais passer des semaines, des mois, même parfois des années sur des boucles que j’ai préparées. Et en fait, deux ans plus tard, je me dis que c’était pas mal cette idée, je la reprends, etc. Je n’ai pas de format type de produire et de composer. Par contre, en termes de process, quand je décide de me lancer dans un projet d’EP ou d’album, c’est-à-dire que je pars sur un format où il y a plusieurs morceaux qui vont être liés les uns aux autres, là, je travaille vraiment un univers visuel avant de partir sur la créa sonore. Ça m’aide à définir un peu un cadre, ça m’aide à me projeter. J’ai besoin de me projeter, en fait. Du coup, quand je compose, j’ai des images en tête, j’ai des flashs, et ça m’inspire énormément. Donc, ça dépend vers quoi je pars. Si je pars sur du single, ou si je pars sur de l’EP, d’album… ça va dépendre d’un morceau à un autre.
Après, concrètement, tout dépend de l’inspiration du moment, et de ce qui se passe. Et en fait, je me rends compte qu’il ne faut pas forcer de trop. Des fois, c’est bien de forcer un petit peu parce qu’à force de chercher, au bout de la 20e version d’un morceau, on a trouvé la bonne. Mais ce n’est pas très épanouissant pour ma part. Moi, je me rends compte que finalement, je préfère composer en fonction de mon inspiration quitte à ce que mon inspiration ne corresponde pas à ce que j’avais en tête et que ce soit totalement autre chose, mais qui me servira un jour. Par exemple, des fois, je développe des idées parce que je suis très emballée par quelque chose qui est purement, par exemple, harmonique. Et en fait, je me dis, mais ce n’est pas du tout ce que je voulais faire sur mon album. Je voulais faire un album énervé. Et en fait, je suis partie sur un truc très lent, très harmonique. Et je me dis, ce n’est pas grave. Je termine de le composer, ce truc. Je le mets de côté. Un jour, ça me resservira peut-être. Et c’est comme ça que je vais récupérer après des choses. C’est vraiment le travail plus plaisant.
Indie : Comme tu dis, dans ton univers, tu peux passer de la mélancolie à un côté plus énervé, un côté extrême ou plus instrumental. Et c’est ça qui est intéressant. Plus le chant par-dessus, qui apporte un côté un peu rageux. Et justement, comment tu te sens quand tu chantes par-dessus ?
Sierra VEINS : Sur scène ou en studio ?
Indie : Oh, les deux !
Sierra VEINS : Je me sens… J’aime bien ! À la base, je ne voulais pas forcément mettre ma voix en avant. Sur mon premier EP, j’avais juste un ou deux morceaux où j’avais un petit peu de ma voix. Depuis le début, je savais que je voulais l’utiliser. Mais à la base, je voulais vraiment que ce soit juste du spoken word de temps en temps pour ajouter une petite touche. Et en fait, mon deuxième EP, j’ai utilisé beaucoup plus ma voix. Mais c’était toujours assez un petit peu caché, encore une fois. Mais ça m’a quand même plu. J’y suis allée vraiment étape par étape. Et mon 3e EP encore plus. Et finalement, c’est le fait d’être passé sur scène qui m’a permis de me rendre compte que les moments où je m’amuse le plus !
Enfin, où je m’amuse le plus, pas nécessairement. Mais en tout cas, je me rends compte que ça permet vraiment de créer du lien, d’avoir un micro avec le public. Quand on fait de la musique, où on passe son temps à composer derrière un ordinateur et que sur scène, on touche des boutons, etc., en fait, ça met un mur un peu quand même avec les gens. Et si on a une scénographie incroyable, avec beaucoup de lumière, etc., on ne peut pas lier ce truc. Mais il y a quand même toujours cette distance qui est là. Et en fait, à partir du moment où j’ai pris mon micro, où je me suis mise en avant, où je suis vraiment allée vers les gens, il y a quelque chose de différent qui s’est créé ! Et j’ai vraiment beaucoup aimé. Même si c’était un peu déroutant, mais j’ai beaucoup aimé. Et donc, finalement, c’est le fait de faire du live qui m’a fait prendre conscience que j’avais plus envie de partir vers ça.
Mais je suis pas à l’abri de repartir à un moment donné quelque chose d’un peu plus instrumentale, mais pour l’instant, ça m’amuse de faire ça.
Indie : Ouais, on le sent ! Et justement, je rebondis encore. Par rapport à la connexion avec le public : effectivement, le fait de prendre le micro et de pouvoir s’avancer vers le public, j’imagine que tu dois sentir un partage ou une osmose ou créer quelque chose avec tes fans, avec le public, apporter quelque chose. Peux-tu me raconter.
Sierra VEINS : C’est un moment où je reconnecte un petit peu parce que ma musique a des moments qui peuvent être un peu instrumentaux où on part peut-être dans ses pensées. Et j’aime ça. Moi, je trouve ça important dans les concerts où chacun puisse un peu s’évader, sentir ce qu’il a envie de ressentir. Parfois, ils les chantent avec moi, je les regarde, on les dit ensemble. Il y a quelque chose qui peut se passer. C’est une manière de rendre le truc un peu plus frontal, en fait. Parce que quand j’ai des morceaux énervés et que j’arrive devant les gens et que je leur dis mes paroles, en les regardera dans les yeux, j’aime bien cette sensation, c’est assez cool de le faire et je ne sais pas comment c’est perçu, mais en tout cas, j’ai le plaisir à le faire.
Indie : Justement, j’allais te demander, comment penses-tu que ce soit perçu ?
Sierra VEINS : Tout dépend de ma performance, de comment je l’ai fait, parce qu’il y a peut-être des soirs où je performe mieux que d’autres. Je pense qu’en tout cas, les gens qui viennent savent un petit peu ce que je fais maintenant et savent à quoi s’attendre. Et s’ils aiment ça. Je pense que ça crée quelque chose d’assez sympa. Surtout sur certains morceaux : il y a 2-3 morceaux où je vais chercher les gens et là c’est vraiment des rendez-vous où c’est très très cool. Ça dépend des morceaux, je ne le fais pas à chaque fois mais par exemple mon dernier morceau que je joue sur scène en ce moment, c’est « My Poison », c’est vraiment un morceau où les gens savent qu’en fait je vais les chercher et c’est hyper cool à partager.
Indie : Au niveau justement influences musicales, que pourrais-tu me dire ?
Sierra VEINS : Elles varient pas mal mais à la base ! Quand j’ai commencé ce style dans lequel j’ai grandi, j’ai découvert la musique électro, j’étais une grosse fan de Justice par exemple, j’étais très très fan de ce mouvement-là, j’étais assez fan aussi de Kavinsky, c’est un peu la même crew, et puis avec des artistes aussi comme Vitaly, j’étais vraiment très très fan des artistes français électroniques finalement. Ça, ça a été un peu le point de départ qui m’a donné envie de faire ça. Maintenant, les influences, j’en ai d’autres, j’aime bien tout le mouvement qui est lié, j’aime bien par exemple REZZ, c’est une artiste qui est un peu plus proche de la scène d’Upstep, mais pas trop non plus, c’est du mid-tempo, j’aime bien toute la scène mid-tempo, un peu dark.
On appelle EBSM, c’est EBM avec un S au milieu, EBSM. Ça, c’est toute cette scène-là dont je fais partie. C’est des artistes que j’adore écouter. C’est des gens qui avec lesquels, je pense qu’on s’influence tous les uns les autres entre nous. Probablement. On se connaît un peu tous. C’est très cool. Mais après, j’aime bien prendre des influences dans d’autres choses. Je peux être influencée par des morceaux beaucoup plus pop et commerciaux sur certains aspects de production. Je vais me dire « le traitement de voix est incroyable sur tel morceau. Ou peut-être que le morceau, je ne veux pas l’aimer forcément lui-même », mais je vais me dire « ce truc est bien produit, je vais essayer de reprendre cet effet pour le refaire à un autre endroit. ». Finalement, je suis assez ouverte sur mes influences.
Indie : Parfois, on entend dire que le milieu du Metal est restreint…A tort…Quand est-il du tien musicalement ?
Sierra VEINS : En vrai, je ne me rends pas trop compte. Je ne connais pas vraiment le milieu du métal. Je me fais rire à chaque fois. Moi, je n’écoute pas le métal. Je joue sur des événements de metal. Mon public est composé de beaucoup de métalleux, mais je ne connais pas du tout l’univers. J’apprends un peu à découvrir. Je ne me rends pas compte à quel point le metal est restreint ou pas. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de « sous-genres dans le métal ». Je ne me rends pas compte de ça.
Indie : Exactement. C’est pour ça qu’effectivement, je t’inclus dans le metal pour le côté dark wave, synthé, EBM, etc. Sans vouloir te mettre dans une case…mais ça m’intéresse de savoir ! Car sont présents bons nombres des metalleux lors de tes shows. Es-tu étonnée?
Sierra VEINS : Perso, je ne le suis plus depuis longtemps. Mais ça m’a surprise au début. Maintenant, je suis habituée. On va dire que ça fait 3-4 ans que maintenant. Mais avant ça, j’étais très, très surprise !
Indie : Quand j’écoute ta musique, ça me rappelle des soirées goth / indus pour le côté justement darkwave / coldwave…D’où cet engouement peut-être aussi de metalleux venant assister à tes shows !
Sierra VEINS : Je le capte maintenant, mais c’est vrai qu’au début, ça m’a vraiment surprise. Parce que ce n’était pas du tout, ça n’a jamais été une influence. Je n’ai jamais écouté de metal de ma vie, jamais. Et je ne suis jamais là à un concert de metal, et du coup, ça m’a surprise de voir cette influence. Mais maintenant, je la comprends, je la capte et je partage avec tout le monde. Maintenant que je découvre des groupes, je pense que j’avais une vision un peu biaisée du metal, c’est-à-dire que n’ayant jamais vu de concert, j’étais restée avec des clichés, je pense, en me disant que ça ne m’intéressait pas, je m’étais dit ça. Et en fait, je n’avais pas capté tous les mouvements qui étaient inclus dans le metal et je n’en avais pas pris conscience. J’ai beaucoup évolué aussi, franchement, et je me suis rendue compte, finalement, que les sonorités qui m’intéressaient, vraiment, je pouvais aussi les retrouver dans ce milieu-là. Donc, entre-temps, j’ai évolué aussi, mais à la base, c’était pas du tout une influence. Donc, c’est vrai que ça m’a un peu surprise. Moi, j’étais dans une période, quand j’ai commencé ce projet Sierra VEINS, vraiment en mode techno, si tu veux. Donc, je dis pas que je fais de la techno, mais j’étais vraiment sur une partie électronique. Donc, si tu veux, quand je me suis retrouvée avec des metalleux devant moi sur scène, je me suis dit, « Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé ? ». (rires). Mais c’est très cool et ça me va très bien ! Et je suis très heureuse de sentir que je fais quand même partie de cette scène, même si je ne me sens pas rentrée dans une case, ça me fait plaisir.
Indie : En tout cas, ça prouve vraiment cette ouverture que tu procures au public.
Sierra VEINS : Je me sens assez bien comprise par le public de Metal.
Indie : Donc, niveau scène, là, tu enchaînes les shows ?
Sierra VEINS : Oui !
Indie : Comment ça se passe pour toi ? Est-ce que tu as une préparation particulière ou est-ce que tu te laisses porter par la vague ? Est-ce que déjà, tu n’es pas trop fatiguée ?
Sierra VEINS : Là, en fait, on a fait une grosse tournée en fin d’année. On a repris en février pour trois dates. On s’est arrêtés deux, trois semaines. Et là, on a repris vraiment cette semaine. Et là, on a beaucoup de dates sur mon site. Mais on va dire que là, c’était un peu la rentrée pour moi cette semaine ! Donc, pour l’instant, je ne sens pas trop encore l’enchaînement des dates. Donc, ça va. Je n’ai pas de préparation spécifique. Je devrais peut-être un jour. Mais en vrai, pas spécialement. Je me laisse un peu porter une fois que je suis sur la tournée. Avant de reprendre, c’est sûr que je répète chez moi. Ça, c’est la base. Je me remets un peu en condition quand même. Je répète mes morceaux quelques heures. Je m’assure de tout avoir au niveau matos. Voilà, ça, c’est la base. Mais sinon, pas de choses spécifiques.
Indie : Tu n’as pas des petits rituels ou ce genre de petits trucs ?
Sierra VEINS : Non, j’essaie de ne pas trop en avoir. Il y a eu une période où j’en avais un peu. Et en fait, j’aime bien l’idée de me laisser porter. Je veux dire que je n’ai rien d’autre à faire que d’être présente sur les dates et de faire mon job et d’essayer de le faire bien. Tout le reste, j’essaie de me mettre un peu de côté. Mais non, en tout cas, ça va. Pour l’instant, je suis contente de reprendre la route. Là, on était à Londres ces derniers jours. À Manchester-Londres. On est rentrés hier soir. Donc, j’avoue que là, ça pique un peu ! Mais on repart demain matin. Donc, non, le seul truc, c’est d’essayer de bien dormir, bien récupérer entre les dates. Ça, c’est le truc. Essayer de faire attention là-dessus, au niveau fatigue. Mais le reste, non, je me laisse porter !
Indie : Ouais, tu te laisses vivre, quoi.
Sierra VEINS : Oui !
Indie : Donc, tu as participé à des festivals comme Les Vieilles Charrues et comme le Hellfest ? C’est très varié !
Sierra VEINS : Oui. C’est très varié, ouais !
Indie : Comment tu t’es sentie ?
Sierra VEINS : J’étais super heureuse de jouer sur ces festivals. Le Hellfest et Les Vieilles Charrues, c’était à un mois d’intervalle. Je ne les ai pas du tout vécues de la même manière parce que le Hellfest, j’étais en remplacement. J’ai été appelée une semaine avant pour remplacer je ne sais plus quel groupe sur la vallée. Mais du coup, je n’ai pas eu le temps de stresser. Parce que c’est arrivé tellement vite… On m’a appelée un matin, genre, « Coucou, tu fais le Hellfest ? » Donc, je n’ai pas eu le temps de stresser, d’avoir six mois à me dire « Oh là là, c’est une date importante. » Je n’ai pas eu le temps de me dire tout ça. Donc, j’y suis allée vraiment presque sur un coup de tête, du coup. Et donc, je l’ai vécu d’une autre manière… Ce n’était que du bonus, que du plus d’être là. Je n’étais même pas stressée, en fait. C’est bizarre. J’étais juste bien excitée. Et j’ai vécu un moment incroyable. C’était un de mes meilleurs moments sur scène. Et d’habitude, je joue tout le temps de nuit, normalement. Je joue soit dans les salles de concert, où il fait noir, ou soit en festival, je fais généralement le soir assez tard. Et donc là, c’était la première fois que je jouais en pleine après-midi. Donc c’était trop bizarre, en fait, de voir les gens. Et je pense que ça a décuplé des émotions parce que c’était à part. C’est pour ça que je n’ai pas vécu de la même manière. Et donc, faire danser les gens, je ne sais pas combien de personnes, il y avait 8-10 000 personnes en plein après-midi sur mes morceaux et les regarder, c’était très particulier. Donc j’ai passé vraiment un super moment !
Et Les Vieilles Charrues, c’était incroyable, mais j’ai été très stressée parce que c’était une date que j’ai vraiment vue venir pendant 8 mois. Pour le coup, parce que je savais 8 mois à l’avance. Et donc forcément, Les Vieilles Charrues, c’était une date importante au niveau émotionnel parce que j’ai grandi, j’ai vécu pas loin. Et je suis allée aux Vieilles Charrues, beaucoup de fois dans ma vie. J’ai même été bénévole là-bas. Donc en fait, c’était la date que je rêvais de faire depuis que j’ai commencé ce projet. Donc voilà, en plus, on a été filmé sur Culture Box. C’était incroyable ! Je suis hyper heureuse et fière d’avoir été sur cette affiche.
Indie : C’est une concrétisation, finalement, pour toi.
Sierra VEINS : Ouais, c’est ça. C’était un peu une checklist de Life Goes. Et du coup, c’était vraiment très, très cool.
Indie : Toujours de manière scénique, t’as fait des collaborations avec Carpenter Brut, notamment ? Comment ça s’est passé ?
Sierra VEINS : La collaboration s’est très bien passée. J’avais eu le temps de le connaître déjà avant qu’on collabore ensemble parce que j’avais fait sa tournée en 2022 avec lui. J’avais fait les Etats-Unis et toute l’Europe avec lui. Au bout de 45 dates, on commençait un peu à se connaître ! C’était un peu la suite. Vu que je composais mon album au moment où on était en tournée ensemble, je lui ai proposé d’être sur un des morceaux. Il a gentiment accepté. Ça s’est très bien passé. C’était hyper fluide, la collaboration. Franchement, c’était très cool.
Indie : Allez, encore trois questions ah ah ?! Est-ce que tu as un album préféré ?
Sierra VEINS : J’en ai fait 2.
Indie : Ou EP, ou ce que tu veux.
Sierra VEINS : Il y en a que j’aime moins, ça c’est sûr. Mais un préféré, je ne sais pas. Au moment où je les ai faits, j’ai senti que c’était ce que j’ai voulu créer.
Vu que je viens de sortir mon album et que je viens de passer un an dessus, pas mal de mois dessus, c’est celui-ci qui me vient en tête forcément. Maintenant, on en reparle dans quelques années ! Je ne le verrai pas pareil, je suis encore un peu trop dedans.
Indie : Ça marche. Au niveau des projets, tu reprends les tournées ?
Sierra VEINS : Oui, c’est vraiment tourné en ce moment.
Indie : Tu as déjà des idées pour un prochain EP ou prochain album ?
Sierra VEINS : Franchement, c’est un peu rude ce côté de voir… de se projeter.
Mon album est sorti il y a trois mois. Et j’ai envie de me laisser le temps de profiter de cette sortie, de le vivre sur scène, etc. Je compose des trucs, mais je n’ai pas envie de rentrer encore dans les projections. On ne profite jamais, on ne fait que sortir des choses à la chaîne. Pour moi, c’est un peu rude. Parce que quand on met autant d’énergie, de temps, d’argent sur quelque chose, de le sortir et de se dire « Alors c’est quoi la suite ? », j’ai l’impression de rentrer dans un truc un peu de consommation, de surconsommation. Je ne suis pas fan de ça. Donc pour l’instant, non. J’essaie même de me freiner ! Mais je compose tout de même car c’est un truc que j’aime : composer. Mais je n’ai pas envie de rentrer encore là-dedans.
Mais je suis toujours en train de composer. Mais maintenant, à l’instant, j’ai envie de profiter encore de cette sortie, de la tournée, de tout ça. Et puis, chaque chose en son temps, on verra la suite de l’année à ce qui se prépare. Mais là, c’est vraiment objectif, scène et rien d’autre !
Indie : En tout cas, merci infiniment Sierra pour ton honnêteté, ta générosité et pour tout ce temps que tu m’as accordée ! Et pour ton humilité !
Sierra VEINS : Merci à toi Indie !
Indie : À très bientôt au Ferrailleur !
Sierra VEINS : Yes ça marche !
Un moment de ma vie que je ne suis pas prête d’oublier ! Une interview riche et humble, avec une artiste de talent (que j’adore ;)), et d’une gentillesse extrême !
Merci Sierra VEINS !

